Le roman de Serge - 5

Portrait de pommeliane

Il décida de décamper de cet endroit au plus vite. Il réintégra son 4x4, démarra sèchement et prit la route, droit devant lui. Il finit par enclencher les phares qu’il avait oublié d’allumer, sur une circulation intense. Il avait besoin de sortir de Nouméa au plus vite et finit par brûler deux feux rouges avec impatience. Il se retrouva sur la Savexpress et eut une pensée pour sa maison, lorsqu’il longea le sixième kilomètres. Mais il accéléra comme pour s’empêcher de prendre la bretelle qui y menait Il n’était pas question de se réfugier chez lui. Il avait besoin de réfléchir et le mieux était encore de rouler, même s’il ne savait pas où il allait. Il engagea le véhicule sur la route sinueuse qui mène à la Dumbéa et se sentit enfin plus libre. Sa conduite se fit plus souple, il respira de grandes bouffées d’air qui lui parvenaient par la vitre grande ouverte et cessa de transpirer. Il put se mettre à réfléchir lorsqu’il dépassa la bourgade de Tontouta. Le prochain petit village était Boulouparis.

« Je vais aller jusqu’à la propriété » décida-t-il. « C’est-ce qui me reste de mieux à faire ». Il allait passer quelques jours là-haut, afin de réfléchir tranquillement, sans avoir ses parents dans les pattes. « Je les appellerai de là-bas, pour les rassurer, demain matin ». Il se cala confortablement sur son siège. La nuit risquait d’être longue. Il attrapa un chewing-gum qui traînait dans le vide-poche, le mit à la bouche et le mâchouilla nerveusement. Il avait une terrible envie de fumer et deux heures devant lui avant d’arriver à destination.