Instants de grâce
Il est de ces instants de grâce
D’une beauté presque irréelle
De ces tableaux lumineux
Aux teintes radieuses
Où les blancs laiteux
Se mélangent à l’or
De l’iris de ton œil
Ce matin
Le soleil en rayons
Fait briller d’un reflet pâle
Les carreaux bleutés
De ma chambre au deuxième
Et j’y vois le bol de lait
Où la crème s’ébat de plaisir
Au dehors
Les oiseaux gelés
Battent des ailes
Sur les fils givrés
D’un coup de bec noir
La corneille y boit
Deux ou trois bouts de neige
Sur les tresses torsadées
Tout près
L’écureuil gris
À la fourrure touffue
Parsemé de blanc cassé
Agite ses moustaches vieillies
Délavées après avoir grignoté
Des pistaches écaillées
Sur le rebord de la fenêtre
Ce matin
Mes pas crissent
Sur la neige durcie
Les mains au chaud
Dans mes poches serrées
J’avance sur cette étendue blanche
Comme une apparition fantomatique
Le regard perdu vers l’immensité qui se lève