Un soleil jaune, et un peu blanc, réchauffait cet après-midi de janvier; et la température plus clémente que nous connaissons semble quelque peu anormale pour ce temps-ci de l'année! Parce que d'habitude chez-nous, janvier est un peu plus rude et froid que cela! Doit-on y voir un signe que vraiment ces changements atmosphériques sont dû à la couche d'ozone qui devient de plus un plus mince, à cause de tout cet évident réchauffement de la planète? Sans doute; et maintenant, quelques hommes crient au secours, alors que d'autres poursuivent leurs activités quotidiennes sans trop se poser de questions. Et il y a toujours ceux qui ne songent qu'à leurs profits, sans même jeter un regard sur ce qui se passe autour d'eux!
J'écoutais ce matin, tout en buvant mon café, une émission dont les deux animatrices recevaient ce type qui avait reçu une greffe du coeur. Il parlait de son passé, de son expérience avec sa maladie et de comment il vivait aujourd'hui, un jour à la fois. Puis, il a dit une phrase qui m'a quelque peu frappée: '' Si les gens avaient moins peur de vivre, ils auraient certainement moins peur de mourir. ''.
Mm...donc, lorsque nous sommes plus près de la mort que de la vie, la peur de partir et de quitter définitivement cette terre devrait-elle être aussi terrifiante que nous l'avions cru?!? Lorsque cette mort est tout près de nous, ne voyons-nous pas défiler sous nos yeux toute cette vie qui à présent nous quitterait?
Alors, la peur de vivre, elle vient d'où, et que nous vole-t-elle? Nos joies, nos passions et nos rires? Ou nos peines, nos écrasements et nos pleurs? Ou bien, est-ce notre vie que cette peur de vivre nous vole?!? Notez bien, je n'ai pas dit que c'était la mort la plus grande voleuse de vies...mais bien la peur!
Jamais nous n'osons traverser cet océan, jamais nous ne trouvons le courage de changer de travail, jamais nous ne prenons le temps de dire ''je t'aime'', ou de prendre dans nos bras ce fils qui repart chez-lui. Nous nous disons que nous aurons encore le temps demain...mais ce demain viendra-t-il pour nous?
Et que dire de ces peurs qui nous retiennent d'aller au-delà de nous-mêmes, parce que c'est trop compliqué de changer!?! Pourtant, combien de fois n'avons-nous pas rêver de nous envoler pour le Pérou ou l'Australie? Combien de fois n'avons-nous pas caresser du bout de nos imaginations de pouvoir écrire, chanter, ou bien peindre, et de réussir à sortir de l'ombre par l'un ou l'autre de ces moyens?
Puis les saisons ont fuient...et avec elles sont passées les années. Cependant, nous demeurons toujours bien ancrés dans nos petites routines, jour après jour. Bien sûr, parfois il arrive que de petits cris qui pourtant restent silencieux, comme s'ils étouffaient dans nos gorges avant même de ne s'être échappés, tentent de s'élever et de nous secouer un peu! Mais même essayer de vaincre nos peurs nous fait tellement craindre le malheur, que nous nous condamnons déjà à mourir avant que ne vienne la fin!
Savez-vous pourquoi au fond tant de gens ont de si grands regrets lorsqu'ils voient la mort leur sourire? Parce qu'ils n'ont pas pris le temps de vivre? Peut-être bien. Car n'y a-t-il pas une plus triste fin que celle de mourir sans avoir vécu?!?
Vivre...ne serait-ce qu'une fois, se risquer à donner, ou à aimer, et simplement à être celui ou celle que nous aurions aimé être, même si n'est que pour quelques heures. Du moins, nous aurons au moins le privilège de dire '' J'ai essayé, et j'ai vécu...''.
Ce soir, je suis revenu terminé cet article commencé plus tôt. J'en avais d'ailleurs écrit les premières lignes tout en étant un peu mélancolique et triste; une journée de blues, quoi. Surtout si je pensais trop longtemps à un courant d'air qui est passé, et que désormais je ne pourrai pas retenir, parce que déjà il souffle ailleurs.
Puis, j'ai reçu deux appels l'un après l'autres, de deux amies qui se ressemblent, qui se rejoignent, mais qui toutefois sont bien distinctes et différentes. Je les écoutais, je leur répondais, et soudain en m'abandonant au moment présent dans ces conversations, j'avais moins mal tout à coup. Je ne prenais simplement pas le temps de penser à ce que je n'avais plus, et je vivais! Je m'étais permis par cette heure, et un peu plus, de vivre MAINTENANT.
Donc, c'est bien vrai. Si nous avions moins peur de vivre, nous aurions certaiment moins peur de mourir...simplement parce que nous aurions vécu. Peu importe le nombre d'années qui se seraient écoulées entre le jour X et le jour Y. Peu importe que nous fûmes riches ou pauvres de biens matériels, puisque nos richesses et nos pauvretés sont celles de nos âmes et de nos coeurs tout d'abord. Oui, quelle importance aurait tout cela si nous avions vécu?
Mourir sans avoir vécu, n'est-ce pas cela le plus grand handicap qui, par nos peurs, nous paralyse, nous enchaîne, et nous condamne à errer sur cette terre en cherchant un bonheur illusoire? Peut-être nous faut-il ne plus chercher et tout simplement VIVRE?!?
Delvina Lavoie