Qu’il soit marqué par la fébrilité, par la détresse ou la surprise , qu’il trahisse l’angoisse, la peur de l’inconnu ou celle de la nouveauté, au départ est inscrite la volonté d’atteindre un ailleurs. A t-on quelque certitude de jamais pouvoir l’atteindre? Quelle importance! On part plus pour partir que pour aller quelque part. Partir! Choisir de ne pas rester! Aller de l’avant! Ne pas rester en place! Décréter qu’autre part il se passe quelque chose valant la peine d’être vécu, quelque chose sans doute de plus précieux que le quotidien à vivre, celui qui nous étouffe si bien qu’on en a même oublié la nécessité de respirer. Bien sûr on découvre avec le temps et l’expérience que tout cela ne repose sur aucune base solide.
Mais ma vie est ainsi. Je vis dans l’imminence d’un départ. La route, les immeubles, les rues, les habitations diverses se succèdent. Les villes plutôt grandes, les villes noires, les villes roses, les villages aussi…