Réveil brutal, suite…

Réveil brutal, suite…

Pour nous, gens du Sud, que veut dire le Grand Nord ?

Une place où il fait tellement froid qu’on ne veut pas y être… même en plein cœur de l’été.

À l’occasion, on nous a raconté que des explorateurs ont tenté, ou réussi, à traverser cette zone en bateau. D’autres y sont allés faire du ski… Ce qui ne nous rapproche pas de nos préoccupations immédiates de sudistes sédentaires !

Aux dernières élections provinciales, le premier ministre du Québec est soudainement apparu dans le grand nord du Québec pour y annoncer un projet ! Lequel ? Personne ne s’est arrêté à cette question.

Aujourd’hui, pourtant, la navigation s’avère possible dans le passage du nord ouest et la technologie permet d’exploiter les fonds océaniques. Or, il se trouve que dans cette région, les frontières du Québec sont, comme par hasard, mal délimitées.

Une délimitation qui ailleurs dans le monde a déjà provoqué des conflits.

Ce n’est pas la première fois que le Grand Nord fait parler de lui.

Une fois, plus comique que les autres, a été lorsque le premier ministre du Canada a accepté, du bout des lèvres, que des navires de guerre étatsuniens naviguent dans le passage du nord ouest.

C’était à l’époque de la guerre froide et les Étatsuniens s’étaient fatigués d’avertir le gouvernement canadien de la présence de sous-marins soviétiques dans le passage du Grand Nord. Ils avaient alors décidé que, avec ou sans l’accord du premier ministre canadien, ils allaient, eux, assurer une surveillance physique dans ce passage.

À la décharge du premier ministre de l’époque, il faut dire que son armée était mal équipée : des avions qui ne décollaient pas, des bateaux qui prenaient l’eau et des sous-marins qui risquaient de couler à chaque fois qu’ils plongeaient. C’était sans parler des effectifs humains qui, en majorité, souffraient d’obésité !

Depuis, les choses ont changé. De club sélect pour assistés sociaux, l’image de l’armée canadienne s’est améliorée. Mais pour réaliser cette amélioration, il aura fallu une petite guerre qui devait être gagnée en deux ans.

Comme il aurait été gênant pour n’importe quelle autorité canadienne d’expédier des effectifs humains pour combattre du monde qui tire des vraies balles avec des vrais fusils, des milliards ont été injectés dans l’organisation militaire et ses équipements.

Des équipements, en outre, fabriqués à l’étranger. Fâcheux pour ces ultranationalistes que sont les militaires !

Aujourd’hui, et depuis quelques années d’ailleurs, les Forces canadiennes font des manœuvres dans l’Arctique extrême. L’opération Nanook 2010 vient de se terminer.

Au cours des semaines qui viennent de s’écouler, le même gouvernement propagandiste de la guerre en Afghanistan a refusé l’envoi de troupes supplémentaires, pourtant une demande de l’Otan. Le ministre de la Défense canadienne a prétexté le lourd impact de ce conflit sur une petite armée.

Gageons que le fer de lance de l’armée Canadienne, les nouveaux avions de chasse F-35 et les cinq énormes brise-glaces du fédéral ne rectifieront pas le problème de zonage qui aurait dû inclure au Québec les îles entourant le territoire Nunavut.

Dans peu de temps, quand les droits de passage et d’exploitation seront fixés, il y aura quelques élus qui, à Québec, auront un réveil brutal.

Jeannarrache_911
2 sept. 2010
533 mots