Une fois...

Une fois… dans la salle d’attente d’un dentiste,

J’ai lu un superbe article d’une page complète dans le Paris Match. L’article parlait de la performance du couple royal britannique durant le discours du trône en Angleterre. La description était fabuleuse. Très vivante, très rythmée.

Ce que je remarquais de cet article : presque pas de virgules ! Quelques phrases longues, beaucoup de phrases courtes, parfois juste un mot, puis le point à la ligne.

En somme, un beau travail de journaliste publié dans un magazine dont la renommée s’était pourtant établie par ses photos, ses images. Or, dans cet article, il n’y avait qu’une petite photo du couple royal durant la cérémonie.

À une certaine époque, Paris Match a effectivement misé sur la photographie, puis le texte, pour connaître la popularité. Je parle de Paris Match parce qu’il s’agit d’une publication française. Mais c’était la même chose pour le magazine américain ‘Life’.

Cela ne veut pas dire que les textes, comme tels, étaient négligés. Bien au contraire. Ils étaient moins apparents, voilà tout.

Les éditeurs se fendent l’arrière-train pour trouver la bonne illustration qui attirera l’oeil d’un possible lecteur, donc un acheteur du texte qu’ils veulent vendre.

Pour les éditions spécialisées, c’est plus simple. Un gars et une fille qui s’enlacent sur la jaquette d’un Harlequin. Une dague à croix gammée pour les récits d’espionnage durant la seconde guerre mondiale. Une seringue et le monde de la drogue… Etc., etc.

En ce qui concerne la Revue des écrivains, je crois qu’un rappel à l’ordre est nécessaire. Dans le passé, de très belles cartes ont été exposées. Certaines étaient clignotantes en plus d’être éblouissantes. Elles n’avaient toutefois qu’une pensée, qu’une ligne de texte.

Or le rendu d’un écrivain est du texte, et non pas de l’illustration. Du moins, s’il illustre, ce doit être par les mots, pas autre chose.

Ce qui ne veut pas dire qu’un clin d’œil n’ajoute pas à la froide présentation d’un manuscrit. Au contraire, car si une image montre un oiseau qui s’envole, est-ce que le texte qui accompagne cette image ne démontrera pas une envolée quelconque ?

De nos jours, il va sans dire qu’un texte peut facilement s’agrémenter d’une image, une photo ou une illustration.

Toutefois, ces agréments peuvent être de couleurs alors que le texte, lui, demeure en noir et blanc. La question est lequel des deux emportera l’esprit du lecteur, l’illustration ou le texte ?

Alors, pourquoi ne pas s’en tenir aux nuances du noir et du blanc pour agrémenter un texte ? C’est assez simple et l’intérêt du lecteur reste ainsi centré sur les mots, les phrases, les paragraphes.

Jeannarrache_911

17 août 2010
443 mots