La marche !

J’aime la marche, depuis longtemps d’ailleurs. J’ai commencé à la pratiquer sérieusement en Europe, ça doit faire une quarantaine d’années de cela.

J’avais remarqué que les militaires européens avaient une forme physique nettement supérieure à la nôtre, pauvres canadiens. Je me suis rendu compte, à ce moment-là, que le secret de leur forme physique n’était rien d’autre que la marche en montagne. Les recrues, en particulier, marchaient en montagne un jour sur deux, avec arme et bagages.

C’était presque trop simple pour être vrai. Pas la peine de chercher de midi à quatorze heures pour trouver la méthode d’entraînement qui satisfasse l’endurance, la résistance et même la puissance physique, tout à la fois.

Au diable donc les appareils et les machins compliqués, au diable les pompeuses théories scientifiques sur la meilleure méthode d’entraînement qui nous venaient du sud de la frontière canadienne. La marche, dans mon cas, devenait la base autour de laquelle les autres méthodes se juxtaposaient, et non l’inverse.

N’importe qui peut marcher. Un obèse avec lenteur. Un intellectuel aussi lentement qu’un obèse. Un maigrichon en recourbant le dos. Un maniaque au cul avec sa tête cachée sous un capuchon.

Moi, j’ai l’habitude d’avancer un peu plus vite que d’autres quand je marche.

Après quelques pas rapides, je peux déjà sentir mes épaules se délier et j’adopte instinctivement une respiration plus ample. J’inspire à fond par le nez et j’expire par la bouche. Ma poitrine se gonfle et mon ventre se contracte. Puis, c’est le relâchement de ces muscles, avant de reprendre la même manœuvre, et ce, autant de fois que j’en ai envie. Je ressens tout de suite une sensation de bien-être.

N’importe qui peut développer un rythme, une durée, comme je l’ai fait.

En terrain plat, on peut facilement gérer sa respiration en marchant. Il est aussi possible de contracter et de relâcher certains muscles durant le mouvement, sans avoir à faire des contorsions physiques qui ne correspondent en rien avec notre climat ou notre hérédité.

La marche, ce n’est que ça. Une sorte d’ajustement entre le mental et le physique. Une nécessité, un yoga accessible à la majorité silencieuse. Une majorité, d’ailleurs, dont l’âme semble si éloignée de son écorce physique.

À la marche, j’ai bien sûr développé une expérience plus poussée que bien d’autres. Cependant, lorsque je fais la connaissance d’une dame, jamais je ne lui demande si elle marche bien ou non !

Jeannarrache_911
13 août 2010
414 mots