LE CIEL ET LA TERRE

Portrait de francoisdalayrac

LE CIEL ET LA TERRE

Un beau matin d’avril encore humide de nuit,
Le corps nu et le coeur ouvert à vif,
Renaissant à nous - mêmes dans la simple humanité,
Nous serons au delà des dieux.

Sur la terre ancestrale,
Le crucifix vaincu,
La chair refleurissante,
Et l’arbre lourd de fruits.

Les bras tendus au ciel
A genoux sur l’humus,
Nous couvrirons la déesse mère
A la vulve exigeante qui attend.

Nous baiserons cette éternelle femelle
Louve au corps souple et sculpté
Dans un chant rauque et viril,
Fait de foutre et de sang.

Au delà de l’obscène désespérance
Des prêtres - rats rampants,
Dans la foudre jubilatoire
De l’alchimie des sexes,

Nos armes inutiles à ses pieds,
Toute guerre épuisée,
Arrosant la terre de notre semence
Pour une éternelle floraison,

Épuisés de jouissance
Repus, rassasiés d’espérance,
Couchés entre ses cuisses
Où se niche le sacré,

Nous goûterons enfin
En buvant son souffle
En aspirant sa sueur.
Le repos du guerrier sur ses seins.