Dit l'histoire oubliée :
Que les hommes sont des gouttelettes qui tantôt se joignent entre elles ou tombent ingrates, qui alimentent un flot continu ou s'évanouissent en petits nuages épars, avec l'intuition assez volage et vague en ciel que telle fusion ou condensation ne dit pourtant rien sur l'horizon infini, ou à peine le primordial peut être quand les gouttes ne sont pas d'eau mais de plomb et qu'elles grimpent ou dégringolent la pression tracée au tube d'un rouge barométrique.
Et l'on lit le temps comme on lit l'âme...
Il est profond, il est léger, il est étonnamment clair et obscur. Il cherche des points d'appui; il trouve des crocs de fers; il s'y enchaîne pour y subir sa force et dans un mouvement à la fois tourbillonnant et centripète isoler en lui une énergie tenace, une tempête intérieure qui couve et dont l'apparente tranquillité est tout aussi perfide et triomphante.
Il tonne, il vocifère, il voit l'envers de la vie...
Et pourtant...
Si violente et brutale soit l'intempérie, et quand au fond de l'âme une crue déjà fait ses ravages, un mot, un seul d'entre eux, ou un regard, calmera la tempête comme on chasse l'ondée à coup de parapluie.