Petite explosion entre cadavres

Portrait de xaba

À l’enfer des autres je me suis invité. C’est encore à ce jour ce que j’estime de plus acceptable quand plus rien de vraiment sérieux ne s’annonce au quotidien, sinon la perspective de jours moins glorieux, de lendemains peut être muets, qui sait , je le redoute mais n’ai pas peur de l’évoquer, demain pourra consacrer l’éternel silence, la plus misérable de toutes les tristesses, le besoin, sans doute aussi l’abandon...

J’évoque l’enfer comme j’aurai tout aussi bien pu aussi pointer tous ceux que je croise et qui se sont déjà rendu mais sans le savoir au monde du silence. C’est un confinement sans fin, un exil volontaire et cruel, comme la peinture naïve d’un paysage défilant à la fenêtre d’un train, un paysage en quelque sorte collé à sa vitre et à son reflet, le temps pressé, confiné, ramassé bousculant les couleurs et les formes, avec la certitude d’avoir pourtant quelque part déjà culbuté cette prose dans une pinacothèque obscure ou un bordel de campagne, un cadre un peu défraichi en quelque sorte, l’amour à la petite chaine de 24 dollars mais tout de même, aussi, la lumière qui encore jaillit et explose... Sitôt arrivés on oublie, on passe à autre chose... Les musées seront toujours pleins. Mes bordels aussi...

Sur une petite semaine je tente ainsi le détails de ces ombres croisées et qui selon moi n’ont rien eu à dire ni aux autres ni moins encore à elles-même. Un peu de sincérité ! Quels sont ceux ou celles qui en toute vraisemblance vivent non par nécessité mais pour le seul fait d’exister ? Il est vrai que c’est un luxe, une grâce réservée à quelques seuls rares privilégiés qui jamais rien ne se demandent de plus crucial sinon « qu’ai-je écrit ou qu’ai je fait qui compte ? »( ou « qu’ai je bien pu penser » pour les plus fortunés d’entre eux)... Cela mérite un tant soit peu d’exigence et d’ honnêteté ne serait-se que pour comprendre ce qui est d’une réelle importance. La famille, ceux d’avant ou d’après, le nom, l’impératif d’agir, celui de garnir un bas de laine, filé ou noué avec soin, n’avons nous pas que de bonnes excuses à poursuivre notre présent et ses mensonges.. ? Il s’agit bien d’excuses, de prétextes, de pis allez qui nous font croire en des vertus inventées mais qui ne résistent pas à la plus infime introspection...

(à suivre)

xaba
www.contingences.org