VACANCES

Portrait de francoisdalayrac

VACANCES

Moment de simple repos
quelque part
au milieu du temps
où nous nous allongeons nus pour boire le thé de l'après midi.

Un vent clair et tiède passe sur le lit et le soleil de cette fin de canicule trouble les rideaux en illuminant les oreillers.

Devant la fenêtre, on devine le champ de tournesol souple et moelleux qui s'étend dans un bruit assourdi d'ailes.

Unis par la source de la vraie vie
dans un souffle commun qui frémit, tout de rêve et d'attente, de silence qui nous comble, de transparence offerte,

nous nous touchons à peine.

Notre sueur murmure légèrement et la moindre fibre de chair se libère de la chaleur et s'apaise dans sa respiration d'herbe.

Le monde dilué se tait et nous n'entendons plus que l'écho de nous – mêmes dans le regard échangé d'une main à l'autre.

Un oiseau crie
et déchire un cumulus de beau temps.

Elle tire le drap sur nos têtes.

Nous sommes au ciel, me dit – elle en riant.

Mais sa nudité, sur ses seins blancs et pointus, entre ses cuisses blondes et tendres et dans ses rides de bonheur
n'a rien de céleste ni d'angélique.

En me penchant sur elle dans un baiser sur ses lèvres ouvertes,
j'en profite dans son ventre accueillant.