VOYAGE
Dépoussiérés du jour passé
et nus pour tout ce qu’il nous avons à vivre d’impossible d'extase et de tendresse,
il nous suffira de trois fois rien,
un sein apparent sous le drap, un genou glissé sous la main, un regard mis à nu, une bouche qui se mouille,
pour qu'il soit douloureux et bon,
entre deux êtres à l'abandon dans leurs excès,
de risquer dans la nuit déroutée les sentiers d'un ailleurs sans condition.
Alors,
mon cher désir,
funambules sur le fil de la peau
en prenant le soir qui tombe pour un été,
nous pouvons embarquer,
entre deux eaux,
entre deux mondes,
d’où jaillissent ces sources soudaines et implacables,
intimes et nocturnes entre l’homme et la femme
pour le simple plaisir de partir,
dans l'un de ces voyages qui ne mènent nulle part,
de partir
dans la vapeur hypnagogique d'un thé brûlant sur la table de nuit.