LE CIEL ET LA TERRE

Portrait de francoisdalayrac

LE CIEL ET LA TERRE

Au delà de l’obscène désespérance des prêtres – rats qui rampent dans la boue de leur péché originel qu'ils nomment de chair,
au delà des dieux morts,

le crucifix vaincu,

l’arbre reverdissant lourd de fruits, et le corps et le coeur mis à nus d'éternelle floraison,

Nous sommes,
les bras tendus au ciel à genoux sur l’humus ancestral,

sur notre terre,

pour renaître à nous mêmes de simple humanité,

nous couvrons la mère à la vulve exigeante
louve au corps souple et sculpté sous notre chant rauque et viril, fait de foutre et de sang
qui attend que nous l'ensemencions.

Toute guerre achevée,
nos armes inutiles à ses pieds,
couchés entre ses cuisses où se niche notre sacré,
repus, rassasiés d’espérance, à force de jouissance,

Nous goûterons enfin,
Bouche à bouche,
Buvant son souffle, aspirant sa sueur
Le repos du guerrier sur ses seins.