NOCTURNALE
L'abeille d'un souffle régulier vibre sur l'oreiller me frôle dans le cou et mes sens mis en éveil en résonnent.
Je me mets en alerte.
Elle dort,
sous le drap comme un ciel à l'envers, vêtue d'une peau blanche et douce, le sexe respirant encore l'eau filtrée de l'orgasme d'hier.
Ses seins pleins et ronds comme le monde se soulèvent d'un parfum léger qui s'évapore des fougères de son ventre.
Elle est si nue que je peux boire au travers de son corps un air comme sa parole aimée où circule son sang.
Baiser volé sous son aisselle
Et ma main entre ses genoux.
Inconsciente, elle m'offre sa bouche.
Envie d'elle,
à remettre à plus tard,
déposée pour le réveil du jour à la commissure de ses lèvres, comme un écrit qui reste et ne s'envole pas.
La nuit ma complice
Parfois fait des miracles.
Dans l'ombre, je suis le seul gardien de son sommeil.