ALORS ELLE LUI A DIT
Depuis longtemps déjà le ciel s'était noyé derrière les toits qui pissaient du chagrin. La nuit était au gris et le vent à la pluie quand la glace lui sauta brusquement à la gorge et lui mordit les seins.
Alors, elle lui a dit :
J'ai froid,
La peur est là, la vieille peur sale et ridée
La peur sorcière empoisonneuse.
J'ai besoin de ta chaleur caressante, de tes mains, de tes lèvres, de sentir battre au milieu du gel ton sang rouge qui me réchauffe.
Je veux les cuivres, je veux les cordes et les tambours, glisse sous ma peau le soleil d'un orchestre au complet.
Prends – moi contre toi et mets - moi en musique.
Symphonise – moi.
Viens t'allonger sur moi
Recouvre – moi.
Je veux vibrer sous ton archer.
Oui, maintenant que tu es là, j'ai chaud au ventre et mon coeur bout. Toi, mon vivant, entre mes jambes, prends – moi.
Je t'aime. Tu es beau.
Je pars, tu m'emportes, et ça gicle de partout, fort, puissant et si doux à la fois. Offre – moi la vie, je t'en prie.
Et je pourrais m'endormir sans trembler,
Tenue au chaud dans tes bras
Brûlée vive jusqu'à l'os.