DES VIERGES
Ils se glissent dans un entre chien et loup
Entre les draps des amants adultères
Qui se saoulent de plaisir
En roulant pour la vie.
Ils rêvent de pompes funèbres poubelles
Pour faire flamber les femmes
Restées debout et libres
A la barbe du prophète.
Torquemada enturbané est revenu,
Au fond d’une nuit hurlante
Qui brûle dans nos villes
En bavant l’anathème.
Ils voudraient revenir à la belle époque
De l’encagement, de la lapidation
De la virginité et de la chasteté,
Et des mains coupées.
Nous resterons debout contre leurs vents
Leurs flatulences nauséabonds
La puanteur de leur renvoi
Et toutes leurs vomissures.
Envers et contre les flammes de cet enfer
Qui crépite sous leurs barbiches grisées
Nous aimons l’odeur de la chair
L’odeur de la chair vive,
La chair, qui sent l’amour et le plaisir.
Nous aimons les parfums féminins,
Les relents du plaisir dans le lit
Le matin qui en chante.
Contre ces nez délicats, ces esprits raffinés,
Et leur délectation à humer le cadavre,
Contre leur dieu anthropophage,
Nous vivrons!