REGARDE LA FEMME
Regarde la femme
Que tu avais cru tienne
Et qu’en un soir d’hiver
Tu as oubliée dans un trou de mémoire.
Lamentable impuissant,
Dans vos draps refroidis
Ton désir négligent et distrait
Lui était chaque fois un coup sur la bouche.
Sur le jeté de lit
Sous ton regard absent
Elle se voyait rancir.
Et a perdu la foi.
Murée sur l’écran vide de ses nuits blanches,
La chair en berne,
Ton ombre déchirée
Ne la faisait plus jouir.
Tu laissais venir sans rien dire
La morte - saison sèche
Dans ses flancs toujours chauds
Quand elle voulait crier de joie.
Tu t’étonnes de sa fuite en Égypte
Quand elle n’a plus trouvé chez toi
Quelque infime chose
Qui soit digne d’être aimée.
Elle aspire désormais
Avant que sa beauté simple s’efface
A être de nouveau pour un homme
L’inconnue désirante.