Recette poétique et au combien philosophique :o))

Portrait de olivannecy

Recette poétique et au combien philosophique :o))

Pierrade de chameau !

‘emprunté et librement interprété depuis le livre de recette de l’abbé Langellus, célèbre missionnaire occitan excité’

Faire cuire un chameau sur une pierre, dans le désert, il n'y a rien de plus facile.
Vous prenez une longue pierre plate, bien polie "bonjour madame, bonjour monsieur", vous l'époussetez "par les pouvoir qui me sont conférés etc..." et vous la faites mi-roiter au soleil (vous remarquerez que je ne dis pas éructer, sinon votre brasérade de chameau finit en crapaudine...).
Tout est affaire de mesure. Prenez donc, une cuillère à soupe d'huile que l'on verse sur la pierre qu'il faut ensuite énergiquement astiquer jusqu'à ce qu'elle mi-roite.
(pour bien me faire comprendre, je vous mime tous les geste du rôtisseur de chameau. Zavez bien vu là ?)

Ensuite, attendre que la pierre monte à bonne température, mais pas trop haut car il faut quand même arriver à faire assoir le chameau dessus. Ceci se vérifie au nombre de lézards qui viennent s'y faire dorer la pilule, pilule qui se récolte d'ailleurs uniquement dans ces lointaines contrées, juste avant qu'elle ne mutent et prennent leur envol, pour peu que l'animal appartienne à cette race rare et spécifique qu'est le lézard-zélette, mais je m'éloigne quelque peu de mon sujet, là, maintenant, tout de suite, présentement, la correspondance de 15h15 est arrivée à quai ...
Je disais donc, comme vous le constatez ou tâtez tout court, rien de plus simple, même si je ne sais plus pourquoi j'ai abordé le sujet !

Revenons-en à la cuisson :

Une fois le chameau posé sur la pierre, prenez un cliché instant tanné pour garder le souvenir de ce délicieux moment. L'effet de surprise du Camel sans idée envole le détour.
Remarquez la douce odeur pigmentée du poil roussit. Profitez de l'effet de surprise pour vous saisir d'une grande poêle, mais pas celle du chauve roussit car elle colle au fond, et d’un violent revers à demain
(déjà, mais je viens à peine de commencer???),
s'cusez… à deux mains, tel le joueur de tennis bloqué en fond du court (je vous laisse le choix du terrain), envoyez une volée (de bois vert ? pour quoi faire ?) de toutes vos forces en présences, sur le crâne d'œuf du camélidé incrédule. Ne voyant pas le coup venir, il s'étale sur le dos, vous permettant, du coup de le positionner correctement sur la pierre (profitez en pour le gratter entre les arpions, il adore ça).

Attendez patiemment que les deux bosses réduisent, car les réserves accumulées à l’intérieur permettent de garder la viande particulièrement moelleuse. C’est là tout le secret pour réussir ce plat.
Quand les premiers jets de vapeur sortent de sa gueule, dus aux bouillonnements internes, il n’y a plus qu’à le retourner en espérant que vous ayez profité de cette première phase pour vous muscler un peu. Attention, la manœuvre doit être rapide et précise, bien avant que la vapeur ne sorte par d’autres orifices ce qui serait carrément gaztastrophique, mais heureusement que vous les avez garnis de carottes aux préalable…
(comment ça je ne le vous l’ai pas dit ??? faudrait être un peu plus attentif dans les rangs tout de même).
Pour la réussite de ce mouvement, il faut vous armez, non pas de patience, mais d’une grosse pelle à rouler, afin de le repositionner sur le ventre.
Après trois pas chassés et deux cabrioles, vous contournez l’obstacle en tournant à droite après la fourche et après deux ou trois kilomètres, vous n’avez plus qu’à faire demi-tour car tout ceci n’était pas nécessaire. Euh… dîtes à ceux qui l’on fait de revenir vite car leur viande va bientôt flamber comme un vrai chat-lumeau.
Hors donc, c’est avec dextérité, force et conviction que vous roulez le chameau à la pelle. Si celle-ci ne suffit pas, montez simplement un système de poulies coules lissantes.
Quand la manœuvre est effectuée, tapez-vous sur le ventre, faîtes vingt ou trente déglutitions, et c’est prêt.

Dans une prochaine cession, nous vous dévoilerons la recette du chameau tartare, en vous prévenant d’avance que le plus dur à avaler, c'est la toque...

:oj LeR@miou 08/09