LE RIRE ET LA DANSE
La vie n’est pas absurbe
Elle est tragique,
Inscrite dans un temps qui ne transige pas,
Dans des heures sans état d’âme.
Le monde est scandaleusement trivial
D’une navrante simplicité
Et les masques dont on s’affuble
Lamentablement larmoyants.
Pourtant nous devons vivre.
Désaliénés de toute vertu nuisible,
Dans une terrible et cruelle lucidité
Qui ne pardonne rien,
Soyons poète et musicien
Jusque dans le banal et le laid.
Le bien ne peut avoir de vérité
Que dans le beau.
Enfants volupteux du soleil
Au delà du bien et du mal
Avec la fin des dieux,
Le désir de vent aux semelles
Il nous faut tout oublier
Dans le seul souci,
De l’instant à boire et à manger
A rire et à danser,
Et le plaisir des corps
Par le sexe des femmes
Pour mettre en oeuvre
La mort joyeuse.