Mon bon ami

Mon bon ami,

Un esclave m’a appris que tu t’inquiétais de mon absence. Aussi, je te l’apprends peut-être, mais j’ai dû fuir le palais parce que les femmes de mon harem ont eu une attaque de modernisme, une attaque à laquelle elles n’ont pas su résister.

Tu sais déjà, je crois, qu’elles s’étaient procurées de ces machins que l’on appelle ordinateurs. Or, avec ça, elles ont vu le monde extérieur. Cela leur a été suffisant pour qu’elles se baladent dans les rues avec le visage dévoilé et, qui plus est, en portant des robes qui révélaient leurs chevilles.

Tout à coup, je me suis retrouvé au milieu d’elles comme si j’avais eu à faire face à un front commun. Elles voulaient que je me transforme en quelque chose qui ressemble à un étalon de reproduction.

Or, je veux bien admettre que mon corps est beau et appétissant, mais je ne crois pas que l’on doive exagérer pour autant. De plus, ma définition d’attachement ne va pas jusqu’à me laisser attacher par elles, avec de la vraie corde.

Aussi, j’ai tout laissé tomber et déguerpi, avant que la situation n’empire.

Dans ma fuite, j’ai vu beaucoup de pays et j’ai croisé des gens bien différents de nous. J’ai donc bien des choses à te raconter.

Malheureusement, le temps me fait défaut car je dois fuir encore une fois. Je viens tout juste d’apercevoir deux de mes femmes qui sont sur le point de me retrouver.

Elles finissent toujours par me retracer grâce à leurs connaissances en électronique. Et elles n’hésitent pas à se servir de leurs attributs féminins pour obtenir les renseignements qui leur manquent.

C’est terrible !

J’espère que mon balluchon rempli de devises étrangères passera par la petite fenêtre de la toilette publique, parce que c’est par là que je vais leur échapper.

À plus tard, donc…

Del Arachide

JeanNarrache_911